Sybelline Fondatrice



 | Sujet: "Le syndrome du Titanic" Lun 5 Oct - 9:37 | |
| | Citation: | Et si on était tous sur le Titanic ?
C’est vrai. On le sait déjà que nous produisons trop de déchets. Enormément de déchets. Que tous ces déchets sont envoyés en Afrique où des enfants sans aucune protection démontent nos ordis, nos téléphones portables, nos télés. Touchent aux substances chimiques dans la misère la plus totale. Quelle meilleure image d’ailleurs de notre société jemenfoutiste dans la quelle je pense à moi, je satisfais mes désirs, sans réflexion ni gène, comme une bête que ne sait résister à ses pulsions… pas grave si mon geste apporte de la misère ailleurs… pas grave si la planète en souffre… pas grave.
C’est vrai. On le sait déjà qu’il y a des gens qui dorment dans la rue. Dans leur voiture, depuis 25 ans. Car ils ont tout perdu. Ils hantent les trottoirs de nos villes. Ces villes où les rêves de grandeur de l’homme rivalisent pour voir jusqu’à quelle hauteur l’homme pourra coloniser le ciel. Ces villes qui s’étendent à perte de vue. Galaxies de lumière la nuit. Labyrinthe de voies rapides ou de pâtés de maisons à perte de vue le jour. Ces villes où la sortie d’un nouveau téléphone portable est un événement tellement important que d’autres gens dorment dans la rue histoire d’être les premiers à l’avoir. Mais quelle hâte ? Comment expliquer qu’un téléphone portable puisse avoir tellement d’importance dans la vie d’un homme ?
C’est vrai. On le sait déjà qu’une fraction de l’argent consacré au niveau international à la publicité et aux armements suffirait pour mettre un terme au scandale de la malnutrition et à ouvrir les portes de l’éducation et de la santé à cette grosse partie de l’humanité qui en rêve. Qui en rêve au point de risquer sa vie pour sauter les barbelés, s’embarquer dans l’obscurité et l’incertitude sur des navires fantômes, vendre tout ce qu’il a pour fuir la misère. Alors on construit des murs. Comme si l’humanité n’était pas une et une seule qui partage une planète vivante et fragile. La vie n’est qu’une. Mais lorsque on nous apprend à tirer sur tout ce qui bouge devant un écran vidéo. A faire exploser les crânes et les jambes. Comment ne pas l’oublier ?
Le film de Nicolas Hulot, Le syndrome du Titanic (au cinéma le 7 octobre) ne ressemble à rien de ce que j’ai pu voir avant. Pourquoi ? Car c’est le témoignage d’un homme. L’un des hommes les plus aimés des Français. Nicolas Hulot s’expose. Risque. Quitte à ne pas plaire à tout le monde il en appelle à notre humanité. Avec beaucoup d’humilité et de doutes. On peut ne pas partager toutes ses réflexions. Y trouver des contradictions. C’est sa vision à lui. On peut le trouver moralisateur, facile, mielleux, naïf. On entendra tout cela, évidemment. Ou sinon on peut le trouver humaniste, courageux, rêveur, engagé. C’est cette dernière vision qui a marqué ma sortie de la salle de cinéma.
Comme l’a dit Nicolas Hulot, « ce film est davantage un appel à la raison et un acte politique qu’un documentaire sur la crise écologique ». Un appel à se donner des limites. D’ailleurs, qu’est ce qu’est qu’une civilisation si ce n’est se donner des limites et des règles pour aboutir à plus de dignité ?
J’ai envie de croire que les choses peuvent changer et que mes actions à moi peuvent contribuer à ce changement. Ce n’est pas facile, comme l’admet Nicolas Hulot : nous sommes tous les enfants de cette société de la consommation. Mais c’est possible. Comme sur le Titanic nous fonçons vers la catastrophe. Ralentir ne suffit plus : il faut changer de cap ! |
httRédigé par Nadia Loddo le 3 octobre 2009 13:10 p://www.metrofrance.com
La syndrome du Titanic Un film de Jean-Albert Lièvre et de Nicolas Hulot, au cinéma le 7 octobre |
|